Quand on regarde le programme de ces demies, on croît rêver.
Les deux affiches qui nous sont proposées sont de veritables rencontres de gala.
Entre des catalans tenants du titre et des toulousains sur une dynamique extraordinaire d'un côté.
De l'autre ce sont les toulonnais auteurs d'une saison remarquable qui s'en iront affronter les montferrandais qui ont pratiqué le plus beau jeu de toutes les équipes cette année mais qui se sont fait peur contre le Racing-Metro.
Alors du jeu, on en aura c'est certain.
Seulement, à l'heure de parier, qui est capable de dire quelles seront les deux équipes qui se retrouveront en finale le 29 mai au Stade de France?
C'est une énigme qui est difficilement résolvable.
En tout cas, ce sera une affaire de duels. Et on est servi car on ne compte pas le nombre de grands joueurs qui fouleront les pelouses de la Mosson et de Geoffroy Guichard .
Amusons nous à les relever.
Pour la première demi-finale opposant Perpignan à Toulouse, ça commence fort avec le duel Nicolas Mas en face de Jean-Baptiste Poux. Peut être la clef du match si le catalans arrivent à enrayer la machine toulousaine qui est sur un nuage actuellement après avoir fait exploser les Irlandais du Leinster et les Castrais en barrages. Attention à la mêlée catalane qui en a fait souffrir plus d'une, à commencer par les toulousains lors du match de phase régulière à Toulouse où ils avaient tiré leur épingle du jeu.
On pourrait retrouver aussi un duel très aérien entre Damien Chouly, le 3ème ligne catalan, face au "jumpeur" Jean Bouilhou. On sait à quel point la touche est une rampe de lancement idéale pour lancer les trois-quarts et ces deux hommes sont essentiels dans le dispositif de leurs équipes. A eux revient le rôle de "capitaine" de la touche. Les toulousains ont failli dans ce domaine face à Castres qui s'était très bien préparé. A Perpignan d'en faire de même pour empêcher les toulousains de mettre en place leur jeu d'arrières.
Derrière, on aura un duel Kelleher/Durand qui promet. Les deux ne sont pas réputés pour être des tendres et nul doute qu'ils mettront toute leur fougue et leur malice pour gêner le plus possible les sorties de mêlée adverses et prendre l'avantage psychologique sur l'autre.
Mermoz face à Jauzion, ça aussi ça a de la "gueule". L'espoir qui monte face au maître. "Jauzy" est au sommet de son art actuellement, Mermoz aura du pain sur la planche pour limiter les frais. Ce que n'ont pas su faire Bastareaud, D'Arcy et Cabannes ce dernier mois. Pas que des novices pourtant mais on a rarement vu Jauzion à un tel niveau mais Mermoz a les cartes en main pour stopper la machine toulousaine.
Enfin, Porical/Poitrenaud. Là aussi c'est du très haut niveau. Tout comme Jauzion, Poitrenaud finit l'année en trombe et à tout moment, ses appuis et sa vitesse peuvent faire basculer une rencontre. Son assurance dans les airs sera aussi primordiale car on peut supposer que les catalans vont allumer quelques chandelles dans le ciel héraultais pour mettre les Toulousains sous pression comme ils l'ont fait face aux Toulonnais. En face, c'est le culot, l'homme qui a changé le jeu de l'USAP. Oui c'est un très bon buteur sans quoi l'USAP ne serait pas à cette place ni champion de France l'année passée (rappelez-vous les pénalités du jeune catalan de plus de 50mètres), mais il est aussi capable de sortir des accélérations d'on ne sait-où, de prendre à défaut une défense pourtant bien en place.
Il y aura du très lourd Vendredi soir à Montpellier. Ce sera du pareil au même le lendemain à Saint-Etienne.
Toulon face aux Montferrandais, c'est surtout les retrouvailles d'Emmanuelli et de Mignoni avec leurs anciens coéquipiers. Ce sont deux très grands joueurs, des "papas", qui n'ont pas eu la carrière qu'ils méritaient aux vues de leurs prestations au cours des 3 ou 4 dernières années.
Ce sont aussi deux joueurs qui ont échoué dans leur quête du Brennus à Montferrand, de valeureux guerriers qui ne feront pas de détail face aux copains qui, pendant 80 minutes, redeviendront des adversaires. Si Emmanuelli peut tordre en deux son homologue Zirakashvili, alors il le fera.
Pour Pierre Mignoni, ce sera différent. Il n'a jamais joué avec Parra, son homologue Clermontois. Ce dernier a d'ailleurs réussi à faire oublier Mignoni grâce à une saison irréprochable, à sa capacité à faire la différence dans les moments chauds comme lors du barrage face au Racing-Metro. Mais Mignoni et ses accélérations foudroyantes ont laissé de magnifiques souvenirs du côté de Clermont-Ferrand et il se fera un plaisir de faire vivre un cauchemar à son successeur.
Pour le reste, on aura un Umaga/Nalaga qui risque de décoiffer. Un Sonny Bill Williams/Joubert qui vaudra son pesant de cacahuètes.
Il nous tarde ce weekend pour voir du grand rugby comme on l'aime et on en aura c'est sûr!
Mario P.
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MadeInRugby.com