12 Mai 11h54
Top 14-Interview pour MadeIn de François Trinh Duc, 1ère Partie
Nous avons eu la chance de se voir accorder un interview par François Trinh Duc.
C'est d'autant plus gratifiant que c'est un joueur de classe que nous apprécions tout particulièrement.
Entre un entrainement et un examen, François dresse un regard avisé sur la saison qui vient de se terminer, sur le paysage rugbystique français actuel, sur l'équipe de France et sur l'avenir.
Aujourd'hui, il nous parle de Montpellier, SON club.
Entretien réalisé le 28 Avril 2010
Montpellier:
MadeInRugby :Le staff s'accorde à dire que le MHR a réalisé une bonne saison (13 victoires contre 13 défaites), pourtant vous les joueurs, et surtout toi et Fulgence, vous paressez frustrés. Est-ce parce que vous n'êtes pas d'accord avec le bilan de votre staff?
F : Le bilan est, c’est vrai, positif dans le sens où on a plus de victoires que des clubs comme Brive ou Biarritz. Maintenant le côté négatif, c’est que notre ambition d’atteindre le haut du tableau n’est pas atteinte. On se bat encore jusqu’à l’avant-dernière journée pour assurer notre maintien et c’est ça qui est frustrant.
MIR : Vous ne terminez qu'à 9 points du Racing-Metro qui occupe la 6ème et dernière place qualificative pour les barrages, vous avez certainement des regrets, y'a-t-il un match, un moment de la saison en particulier que vous regrettez?
FTD : Oui, les deux défaites à domicile contre Brive et Bayonne sont les rencontres qui nous font basculer dans la partie basse du classement. On aurait pu lutter pour le haut du classement si on avait réalisé de bonnes prestations sur ces deux rencontres. Alors que finalement on a relancé ces deux clubs qui étaient plutôt dans une mauvaise situation et Brive, à ce moment là, nous passe devant au classement. Je dirais que c’est le match charnière qui a fait qu’au lieu de regarder en haut, on a lutté pour le maintien.
MIR : Du changement est nécessaire au sein du club pour que le MHR franchisse un cap et devienne non plus un club qui vise le maintien mais une équipe qui joue les barrages du Top 14. Quelles sont, d’après toi, les difficultés rencontrées par le club et quelles sont tes recommandations pour faire évoluer le MHR?
FTD : Le rugby dépend aujourd’hui énormément du facteur économique. C’est facile à dire mais la solution serait de trouver des investisseurs qui permettraient d’augmenter le budget et de grossir l’effectif actuel en quantité et en qualité. Sur un match on arrive à tenir mais sur une saison, c’est long, on a des matches tout les weekends, c’est vraiment la taille de l’effectif qui fait la différence au final donc il faudrait étoffer le groupe pour avoir un plus grand réservoir.
MIR : En parlant de réservoir, tu fais souvent allusion aux jeunes qui intègrent le groupe professionnel. Tu peux nous les présenter brièvement ?
FTD : Oui il y’a beaucoup de jeunes qui signent des contrat pros, environ 3 ou 4 chaque année*. Cette année il y a vraiment 2 joueurs qui ont passé un cap, Mickaël De Marco, un deuxième ligne, et Geoffrey Doumayrou, centre, qui ont participé à énormément de matches donc c’est encourageant pour la filière de formation.
*Cette année, un seul jeune formé au club va signer un contrat professionnel, il s’agit d’Adrien Pratmarty (Ailier, 1m78, 90kg)
MIR : Crains-tu que le retard causé par l'interrogation autour du futur staff ainsi que le manque de recrutement pour la prochaine saison soient préjudiciable pour le MHR version 2010-2011?
FTD : (gêné) Oui… Enfin je ne sais pas. Notre président a décidé de se laisser le temps de la réflexion mais en tout cas nous n'en savons pas plus que ce qu’on lit dans les médias. On espère simplement qu’il prendra la bonne décision et que le nouveau staff permettra au club de franchir un palier.
MIR : Le départ de Federico Todeschini va poser des problèmes au niveau des tirs au but l'année prochaine au MHR, est-ce le moment pour toi de prendre plus de responsabilités et de t'affirmer comme buteur n°1?
FTD : Oui, toute l’année je me suis entraîné pour devenir le buteur numéro un donc j’attends les matches pour m’exprimer et avoir la chance d’être buteur numéro un. Il m’est arrivé de buter en remplacement. J’ai vraiment envie de rajouter cet outil à mon panel de numéro 10. Donc j’espère être un buteur régulier du club l’année prochaine.
MIR : Ton rôle à Montpellier est de plus en plus important, ton empreinte sur le jeu aussi, qu'est-ce qui a fait que tu as réellement passé un cap cette année?
FTD : Certainement la victoire du Grand Chelem qui nous a permit de profiter d’une bonne dynamique de confiance. Acquérir ce genre d’expérience au plus haut niveau, ça aide quand on revient en club et en Top 14.
MIR : On a parfois reproché à Montpellier un manque d'ambition dans le jeu. On ne peut que le déplorer vu les dernières sorties du MHR ponctuées par 13 essais en 3 matches. Comment se fait-il que vous ayez attendu les dernières rencontres pour envoyer du jeu?
FTD : Ce n’est pas facile d’envoyer du jeu, de prendre des risques alors que chaque match a des enjeux importants. Il ne faut pas être frustré mais c’est vrai qu’on aurait pu envoyer un peu plus de jeu, déplacer un peu plus l’adversaire et faire un peu plus de passes. C’est ce qui nous a permis de nous sauver. On va tacher d’y remédier l’année prochaine et essayer de le faire tout au long de l’année.
MIR : Juste avant de passer à l'équipe de France, par rapport aux autres clubs qui ont des soucis financiers avec notamment la rétrogradation de Montauban, est-ce que ça te fait peur?
FTD : Oui d’autant plus qu’aujourd’hui, le club c’est avant tout une entreprise donc l’aspect économique et financier est primordial. C’est malheureux dans le sens où avant c’était le rugby de clocher, à la bonne franquette. Ca a changé mais on ne va pas non plus cracher dans la soupe, on est très content que le rugby soit plus médiatisé et qu’il y ait des contras pros. Maintenant de voir des clubs rétrogradés c’est rageant, surtout pour les joueurs concernés.
MIR : Les JIFF* t’en penses quoi ?
FTD : Je trouve que c’est une bonne idée. Les étrangers qui viennent jouer en France comme Wilkinson, Van Niekerk amènent du bonus au Top 14. Ce qui est regrettable ce sont ceux qui ont le même niveau ou le même potentiel et qui « prennent » la place à des français issus de la filière de formation.
*Jeunes issus de la filière de formation
Mario P. ,
MadeInRugby.net
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